
En 1981, la revue IRL (Informations rassemblées à Lyon) publiait un article du juriste Lester Mazor intitulé « Réquisitoire contre les droits de l’homme ». Contrairement à ses habitudes, la rédaction avertissait le lecteur que l’article ne représentait pas nécessairement son point de vue. L’équipe de militants qui la composait était sans doute influencée par le mouvement de revendication des droits, qui avait pris son essor depuis les années 70. Ce mouvement avait suscité un déluge de discours, qui abordèrent toutes les facettes – à l’exception remarquable du droit d’insurrection. Singulier oubli : ce droit a pourtant fondé un des événements les plus importants de l’histoire moderne, la Déclaration d’indépendance des États-Unis ; il a été inscrit dans la Constitution française de 1793 – qui n’a jamais été appliquée –, et il continue d’être invoqué quoique de manière fort sélective, par exemple contre Fidel Castro à Cuba, contre Saddam Hussein en Iraq et contre Milosevic dans l’ex-Yougoslavie.
On parlait, on parle toujours des droits. Même les anarchistes, qui au siècle dernier en questionnaient le principe, qui sert de justification suprême à l’État, acceptent de buriner dans le marbre de nouvelles tables de la loi. Bien seuls sont ceux qui croient qu’une société peut vivre sans droit et sans droits, sans pour autant devenir une jungle.
Leur apparente naïveté ne peut révéler son caractère raisonnable et même convaincant que si leurs arguments recevaient toute l’attention du public.
Tel n’est pas le cas et on n’offrira ici qu’un survol des points de vue contradictoires.
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