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PAGÈS, Robert. "Marxisme, anarchisme, psychologie sociale"

mercredi 31 août 2011, par pierre

Article paru dans la revue Argument, 6° année, (1er et 2e trimestre 1962)No. 25-26. Notes de commentaire de Frank Mintz, que nous remercions pour cet envoi. Il peut aussi être téléchargé du site de la fondation Besnard

Morin et Lapassade mettent en question la micro sociologie appliquée, le "micro-socialisme", le rôle de la psychosociologie ... Ils le font de façon très complète et pertinente. Ce qui me suggère non pas des objections mais la libération de réflexions rétrospectives et prospectives.

Rien de plus curieux et intéressant que de voir chaque mouvement plus ou moins détaché du marxisme orthodoxe, dans un sens de recherche, traverser des thèmes analogues, s’accrocher aux mêmes problèmes, avec, à chaque fois, je le crois, moins d’illusions et un enrichissement culturel : en fait de thèmes "traversés" par Arguments et présents dans des configurations parentes, je citerai seulement et de mémoire : Cronstadt, la technobureaucratie, les organismes de base de travailleurs et la gestion directe, le sens de la notion de classe appliquée aux ouvriers, la liberté intérieure des organisations, le rôle des sciences de l’homme...

Naturellement la révolte de Cronstadt contre le pouvoir bolchevik n’a sa place que dans les évolutions récentes [1]
et notamment dans celles de l’entre-deux-guerres (A. Prudhommeaux, 1920) et de l’après-guerre (communistes révolutionnaires). Mais les autres thèmes se rencontrent dès la scission de l’Association internationale des travailleurs dans le mouvement anarchiste autour de Bakounine.

I. Typologie sommaire des mouvements politiques en rapport avec l’échelle des groupes sociaux

Les anciens marxistes orthodoxes répugnent en général à tirer au clair leurs relations avec un courant aussi hétérogène et parfois naïf au point de vue théorique. Et pourtant leurs thèmes favoris se précisent au cours de l’évolution de l’anarchisme et trouvent là leur expression limite. Par exemple, touchant les problèmes de l’organisation-microcosme de l’avenir, il est touchant de voir au Congrès d’Amsterdam (1907) [2], les anarchistes poser le problème des techniques de décision et de délégation ; le congrès n’admettra pas seulement des délégués mais aussi des membres individuels. Car le vote n’a pas de signification législative : il n’oblige pas la minorité .... Ce qui ne nous empêcha pas de trouver intéressant de savoir combien de groupes et de camarades partagent une opinion déterminée. Les discussions dans nos séances ont le même caractère que celles des congrès scientifiques internationaux. Cela n’empêche pas non plus un magnifique incident sur un vote à la première séance mais permet en revanche la procédure originale d’un vote favorable pour cinq motions concurrentes sur le problème syndical ! [3]

Cette aptitude à se poser librement et ouvertement des problèmes sur le processus et le fonctionnement de l’organisation propre est caractéristique d’un mouvement qui en se séparant du "socialisme autoritaire" se séparait à vrai dire des problèmes du pouvoir et tendait à se "dépolitiser" [4] dans tous les sens du mot par sa frange individualiste qui refusait l’organisation. La rupture avec l’étatisme c’est aussi la rupture avec la responsabilité imminente de décisions pratiques à l’échelle d’un État. C’est la fin du raidissement caractéristique du groupe politique en ministère fantôme et des militants en "futurs hommes de gouvernement". Que ferais-je si j’étais roi ? Mais je ne suis pas et ne serai pas roi : je suis sujet ou simple citoyen. Cette mutation d’échelle et de niveau me parait avoir des corrélations assez constantes dans la structure et la dynamique de la pensée de ceux chez qui s’opère la mutation. Chez Bakounine [5]
, c’était la lutte contre la classe bureaucratique liée â l’Etat parlementaire, socialiste, scientifique et sociologique au nom des individualités vivantes qui résistent à la "vivisection". C’était aussi le "fédéralisme" qui renvoie aux unités sociales de base le pouvoir qu’on croit pouvoir retirer des sommets. La démarche est déjà typique elle fonde la théorie politique sur des problèmes d’échelle des unités sociales et d’articulation entre petites unités. Certes le mot de fédéralisme recouvre plus de problèmes que de solutions. Mais on devrait reconnaître le rôle central des problèmes qu’il pose. Il semble qu’un des traits les plus caractéristiques de l’humanité depuis cent ans soit l’extension énorme et continue du volume des unités sociales. Marx avait à beaucoup d’égards misé sur le passage à la limite de cette extension (maximum de concentration et d’homogénéisation de l’industrie et de son prolétariat). Le mode d’articulation entre les petites unités et les niveaux proliférants d’unités de plus en plus grandes est resté largement un problème oublié ou abandonné sans solution. II n’était pas seulement quelque peu oublié par le marxisme mais par le développement objectif accéléré des grandes unités industrielles (et bientôt agricoles), militaires, éducatives et étatiques dans tous les pays. Les difficultés internes des différents appareils macresociaux dues à ces négligences ou à ces impuissantes ont produit à la fois leurs victimes et leurs critiques.

Devant un développement pareil lié autant à la démographie qu’à la technique, les intentions des individus comptent assez peu. En politique il semble bien que le "marxisme" ait fourni, pour sa part non pas dans tel ou tel détail des écrits mais dans l’idéologie la plus répandue sous ce nom [6] le modèle de l’organisation maximale et l’anarchisme, l’intérêt pour la micro-organisation. D’où la préoccupation de ce dernier pour les "détails" de la maternité consciente, de l’éducation, de la liberté sexuelle, des relations de travail à l’échelle locale qui rappelle Fourier et son type d’utopie.

Toutefois cette belle symétrie ne manque pas d’être troublée par l’examen de l’histoire. Il est bien connu que Marx s’est inspiré de la Commune de Paris (teintée d’anarchisme et de fédéralisme) pour préconiser des mesures que Lénine a transcrites dans L’État et la Révolution et qu’il a certainement voulu appliquer aux Conseils de travailleurs de 1917 [7]. Ce n’est pas affaire d’intention, si la gestion étatique renforcée et généralisée en URSS n’a pas été l’épanouissement harmonieux des initiatives locales. Inversement, il suffit de voir l’anarchosyndicalisme catalan à l’ œuvre quelques mois en 1936 pour y retrouver rapidement les problèmes de spécialistes, de différenciation des salaires, de décisions centralisées, de répression [8], que les bolcheviks avaient rencontrés  [9] .

L’idée que le processus de dégagement par un marxisme dominant suit une voie assez constante dans un sens anarchisant, se complète ici : quelles que soient les intentions idéologiques, les marxistes ou les anarchistes, dès qu’ils abordent pratiquement une même opération, celle de l’organisation sociale globale, y compris l’organisation économique, se trouvent pris  [10] dans des processus comparables de différenciation et de concentration rapide des pouvoirs et des ressources. La dynamique sociale d’une tâche est plus forte que les cloisons verbales entre les doctrines. Mais en présence des résultats obtenus, la différenciation des réactions annule les rapprochements verbaux épisodiques. Le rapprochement entre anarchistes et bolcheviks russes en 1917 dans les soviets n’est pas plus durable que celui des guesdistes blanquistes et anarchistes dans la CGT naissante. Pris statistiquement, les uns et les autres sont renvoyés à leurs rôles idéologiques différentiels, les "socialistes autoritaires" dans les voies du pouvoir et du planisme, les anarchisants dans celles de la critique, de l’opposition, de l’initiative libertaire à petite échelle  [11]. Il reste de cette esquisse historique que :

1 ° L’anarchisme et le marxisme se rencontrent sur le même terrain commun de la recherche d’une articulation nouvelle entre l’épanouissement individuel et l’organisation sociale ;

2°Le "marxisme" ou très souvent ce qu’on appelle communisme ou socialisme sont plus sensibles aux exigences d’organisation macro-sociale, tandis que l’anarchisme l’est davantage à celles des échelons inférieurs, l’un et l’autre rendant d’ailleurs un hommage répété à l’exigence qu’ils négligent ;

3° Il semble que la prise en charge réelle du fonctionnement social montre que les options idéologiques (centralistes ou fédéralistes, étatiques ou libertaires, etc.) différencient assez peu l’action de leurs agents tant qu’ils restent dans cette action. Après la phase naissante de la révolution, les exigences de la macro-organisation tendent à l’emporter  [12] . Les différences qui peuvent exister doivent être étudiées avec le plus grand soin, mais elles ne paraissent pas assez fortes pour garantir l’efficacité technique des théories en présence pour une solution qui satisferait aux deux types d’exigences.

II. Rôle des sciences et techniques psychosociales

Cependant les difficultés d’articulation d’unités inégales se sont posées très tôt à une autre échelle que celle de la société globale, à l’échelle moyenne des entreprises de production. C’est du point de vue de ces entreprises que Charles Fourier et les fouriéristes, notamment, ont posé les problèmes de la société globale. Et ce n’est sans doute pas un hasard que Fourier ait mis du premier coup le doigt sur le type de questions que les psycho-sociologues reposeront un siècle plus tard : problèmes des affinités interindividuelles ou de l’attrait des tâches comme base d’organisation productive, etc. C’est que des difficultés analogues appellent le même type de démarches et que les entreprises ont intérêt à inventorier et à éliminer les causes de pertes dans le processus de travail. Fourier est donc l’ancêtre beaucoup moins du socialisme que de la psychosociologie du travail et de l’entreprise (inaugurée par des disciples comme Godin). Je ne reviens pas sur ces idées exposées ailleurs, [13] sinon pour rappeler la grande nouveauté introduite par l’échelle des organisations restreintes : l’expérimentation, du fait de la diminution des enjeux et du caractère moins massif des interventions, y devient possible. Il est donc possible de constituer et notamment sur le problème central des articulations organisationnelles internes, un corps de connaissances étiologiques et par conséquent des techniques, psychotechniques et sociotechniques.

Quelle peut être la forme de ce travail scientifique ?

1) On peut ramener à l’échelle maniable des mécanismes généraux : miniaturer des organismes ou processus globaux avec toutes les réserves que cela appelle quant à la transposition, grossir des processus trop menus pour l’étude directe. C’est une miniature que Lewin,  [14] par exemple, s’est hâté de faire pour les modes de direction "autoritaire, démocratique et de laisser-faire", réductions de régimes politiques [15].

2) On peut étudier les processus éventuellement spécifiques des différents niveaux d’intégration, notamment l’activité individuelle ou interindividuelle dans les petits groupes naturels (famille, école ... ). La portée, de ces démarches est discutée à droite et à gauche, selon qu’elles menacent l’Esprit ou le Prolétariat. Rodion écrivait en 1949 à ce sujet des pages qui gardent, dans l’ensemble, mon adhésion  [16] .

La psychosociologie, ni comme recherche scientifique ni comme technique, n’est une idéologie. Elle pourrait en avoir une. Je crois qu’en fait elle en a beaucoup, selon les individus et même les organismes spécialisés. À priori, je ne sais pas lesquelles. On peut supposer que, comme la plupart des travaux scientifiques et techniques dans notre société, surtout dans la phase de diffusion en série, elle est en général soumise de façon prédominante aux options des groupes sociaux prépondérants (dans l’administration universitaire, industrielle, gouvernementale).

Quoi qu’il en soit, je suis convaincu

1) qu’il vaut mieux savoir qu’ignorer, quoi qu’on veuille faire, et qu’une science d’origine réactionnaire est plus instructive qu’une métaphysique progressiste ; même chose pour une technique mutatis mutandis : le savoir et le savoir-faire n’ont pas d’odeur [17]. Par conséquent, je souhaite que les personnes (et les groupes d’esprit tant soit peu libertaire ou libéral ou socialiste démocratique, assimilent (ou créent à leur usage) le plus possible de connaissances et de techniques psychosociologiques ;

2) que la psychosociologie pratiquée à l’échelle microsociologique ne résout pas le problème que je crois voir au fond de tout socialisme : savoir la maximisation simultanée de l’échelle de gestion sociale cohérente et de la liberté d’action et de jouissance individuelle  [18]. L’extension de l’échelle de gestion a une signification économique, c’est -à -dire de rendement. Elle entraîne des méthodes de "planification" et de "programmation" qui échappent de plus en plus vertigineusement au contrôle de la cuisinière de Lénine (cf. L’État et la Révolution). La recherche opérationnelle, le calcul automatique sont en train de mathématiser et de mécaniser toute une série de décisions. Un des rôles du psycho sociologue est de fournir à ce moulin quelques paramètres particuliers.

Naturellement les calculs fonctionnent entre autres avec des données préalables (notamment des axiomes traduisant des buts ou des opinions) qui peuvent être résumées ou discutées. Un autre rôle du psycho sociologue peut être de développer les modes d’interaction qui permettent l’examen le plus large et le plus libre de ces données préalables. Il faut même noter que la déontologie des psychologues paraît lui faire une obligation formelle "d’éviter de restreindre l’autonomie d’autrui et en particulier ses possibilités d’information, sa liberté de jugement et de décision  [19] . (Mais il en est des obligations formelles comme des libertés formelles. Elles peuvent être fictives.)

Il n’y a donc pas de "micro-socialisme" séparable : l’épanouissement individuel dans la "vie quotidienne" n’est pas un domaine particulier ; la totalité de la vie sociale est faite de ces vies quotidiennes y compris celles des dirigeants dans leurs microorganismes. Et toutes ces vies quotidiennes dépendent de plus en plus du mode d’autorégulation de la société globale. Ce qui existe, c’est un certain privilège méthodologique de la petite échelle en matière d’expérimentation. Ce qui existe aussi, c’est la possibilité pour une organisation planifiée globale d’établir un compromis entre le critère de cohérence et prévisibilité et celui de libre satisfaction des petites unités : soit en intégrant leur liberté ou autonomie relative dans ses prévisions (par le calcul statistique permanent assurant une adaptation rapide aux changements), soit en assurant à la base des domaines réservés, des "lopins" privés pour généraliser la chose telle quelle se pratique en agriculture collectivisée. Les "lopins" seraient exclus de la programmation rigoureuse ... Mais même cultiver son jardin suppose des ressources sociales et un certain mode d’aménagement du territoire. Quels que soient les palliatifs, lopins (de temps ou de terre) ou tolérances statistiques, la difficulté subsiste de définir les modalités des grandes décisions centrales. Soumission monolithique de toutes les minorités aux grandes options majoritaires ? Pluralisme des options et des modes de vie  [20] ? Derrière les vieux problèmes de vote au Congrès d’Amsterdam se profile un contrat social dont la plus interdisciplinaire des entreprises de sciences humaines aura du mal à élucider les conditions.

Mais qui lancerait aujourd’hui, sans dogme ni préjugé, et avec des moyens, une telle entreprise ? Et quels partis, je ne dis pas la soutiendraient, mais la toléreraient ? Ce qui est douteux, ce n’est pas l’intérêt d’un apport des sciences humaines aux problèmes politiques fondamentaux, c’est la possibilité d’en assurer l’intervention à temps pour éviter que les grandes options soient des faits accomplis, aveugles et irréversibles. Et ce qui est urgent, aujourd’hui, ce n’est pas tant un programme fondé en général sur une vue implicite ou explicite du "sens de l’histoire" supposé unique, qu’une prise de conscience scientifique des conditions de tout programme et, sans doute, des libertés de choix inédites, insoupçonnées et considérables que les hommes, pris a toute échelle organisation, ont devant eux. Et c’est bien ce qui fait le tragique de l’époque actuelle : jamais les hommes n’ont eu à leur disposition autant de variétés dans leurs choix vitaux, individuels et collectifs, et jamais par conséquent les choix n’ont été plus restrictifs et mutilants. Il est d’autant plus pénible qu’ils soient aveugles ou myopes. Jadis, ni le pâtre ni le roi ne pouvaient finalement changer grand chose à leur "destin" ou à celui des autres.

Aujourd’hui, les processus et les structures de décision et d’influence revêtent une importance croissante et sollicitent la totalité des sciences humaines (et sans doute des autres aussi) pour l’étude de doute forme et de leur contenu.

Il va de soit qu’aucune contribution ne doit être rejetée à ces fins. Il importerait donc de ne pas établir de confusion entre les utilisations libérales souhaitables des sciences et techniques de l’homme et tel ou tel procédé particulier et limité des psycho sociologues praticiens les plus répandus. Les procédés de "formation" psychosociale par la libre expression obligatoire en groupe se sont développés, certes, au sein de la démocratie des États-Unis, comme les procédés sociatriques "non directifs" (intervention purement "analytique" dans une organisation). Il n’en résulte pas de privilège pour ces procédés du point de vue scientifique et technique. Les problèmes de validation spécifique pour chaque usage restent entiers et c’est ce que je me suis contenté de souligner dès 1955 [21], tout en les pratiquant dans un esprit essayiste.

En général, la psychosociologie ne peut s’offrir, consciemment ou inconsciemment, comme une idéologie, sans cesser d’être elle-même. Et, en restant elle-même, elle peut être asservie tout aussi bien à la pseudo-démocratie du choix du balai d’atelier ou de la décision pour la pause-café si les décisions de rang supérieur sont réservées aux voies traditionnelles. Après tout, Lewin a fourni le modèle de l’efficacité des décisions collectives à l’occasion d’une campagne pour faire acheter les bas-morceaux par les ménagères américaines.

À ces réserves près, il est à coup sûr utile à des libéraux de développer des moyens efficaces, en particulier de briser les mœurs et structures figées en matière de décision, de former à l’exploration des options possibles, de faciliter des modes d’influence non dégradants ... le tout en s’assurant que les réactions de défense ne renversent pas l’effet cherché. Dans le cadre de certaines options politiques, cet usage de la psychosociologie ne pose que des questions pratiques. Plus généralement, la reformulation théorique et opérationnelle des problèmes politiques de tout niveau devrait évidemment être aidée par la psychosociologie intégrée à l’ensemble des sciences humaines. C’est peut-être ainsi. à travers des inventions de techniques sociales qu’ont des chances d’être peu à peu désamorcés les inextinguibles procès d’intention à l’occasion d’échecs politiques qui signalent surtout l’existence de mécanismes non maitrisés.

Robert Pagès

Robert Pagès, « L’expérimentation psychosociologique comme exercice dans la formation ». B. Psycho 1959. 12, n° 6-9, pp. 337-346.

Robert Pagès, « Remarques sur les groupes de base et leur rôle dans un ensemble de procédés de formation psycho-sociale », B. Psychol. 1959. 12, N° 6-9,465-477.

Robert Pagès, La portée des interventions psycho-sociologiques dans les organisations, 1960, Louvain. Association européenne des Centres de perfectionnement des entreprises, 24 p. (ronéo).


[1Le rôle de « Cronstadt » s’explique d’ailleurs par le fait que se sont exprimés dans cette révolte (cf. son
"Manifeste") un bon nombre de thèmes caractéristiques de la critique radicale du pouvoir « bureaucratique » Note de Pagès.

[2Congrès anarchiste tenu à Amsterdam, août 1907. Compte rendu en 1908. Paris, Delesalle, 116 p. Note de Pagès.

[3Les bakouniniens dans l’AIT et les anarchosyndicalistes espagnols votaient et les minorités devaient suivre les décisions majoritaires. Le refus de vote ne s’appliquait qu’aux élections de la démocratie àà la sauce capitaliste. Pagès a raison de se moquer d’anarchistes étriqués.

[4Valable pour les anarchistes intemporels.

[5Bakounine Œuvres, 1908, Stock, passim, et surtout L’Empire knouto-germanique et
la révolution sociale et Fédéralisme, socialisme, antithéologisme
. Note de Pagès.

[6J’y insiste, il ne s’agit pas ici de critique de textes qui tiendrait compte en particulier des auteurs les plus originaux, mais d’une schématisation historique qui correspond sans doute de façon statistique àà l’allure prise en fait par les idéologies. Note de Pagès.

[7Lénine créa la Tchéka le 20.12.l917 pour rendre "marxistement libres" les soviets. Voir le n° 10 même ignorance de la pratique léniniste des fusillades et des camps de concentration.

[8La répression en Espagne fut le fait du PC sous direction soviétique. La CNT n’avait pas de forces répressives contre ses militants, et en nombre insuffisant contre le PC.

[9Études de documents de la CNT-FAI et de la Généralité de Catalogne. On compare ici la CNT-FAI avec les bolcheviks de 1917-21, pas les staliniens de 1937 en Espagne : (Cf. P. Broué et E. Témine La Révolution et la guerre d’Espagne, coll.« Arguments ». Éd. de Minuit. Paris, 1961.) Note de Pagès.

[10L’intervention des travailleurs eux-mêmes -de Kronstad et de l’Ukraine insurgée àà mai 1937 àà Barcelone, 1956 en Hongrie, 1981 en Pologne, etc.- est la véritable action anarchiste, pas celle des prétendus militants libertaires.

[11Erreur en ce qui concerne l’exportation des agrumes par les deux centrales syndicales, anarchosyndicaliste et socialiste ; inexact également pour l’industrie de guerre, en grande partie lancée spontanément par la base sans étiquette et anarchosyndicaliste ; discutable pour les chemins de fer, les tramways de Barcelone et l’industrie textile catalane.

[12Pagès oublie, une fois de plus, l’intervention des travailleurs et (dans le tiers monde) des peuples originaires pour maintenir leur mode de vie. Le temps "capitaliste" et des nécessités sociales n’ont de sens que s’ils sont compris par la base de la société.

[13 Robert Pagès, "Quelques sources, notamment fouriéristes, de la sociologie expérimentale", Arch. internat. sociol. Coopération, 1958, n° 4, pp. 127-154. Note de Pagès.

[14Kurt Lewin & al., "Patterns de conduite agressive dans des climats sociaux expérimentalement créés", B. Psychol. 1952, 5, n° 6, pp. 337-352. Trad. de l’anglais : Kurt Lewin & al. "Patterns of agressive behavior in experimentally created "social climates" (l. Soc. Psychol., 1939, 10, pp. 271-299) par Claude Faucheux. Note de Pagès.

[15 Il serait particulièrement déplacé de dire ici "anarchique". Note de Pagès.

[16Rodion. "Sans philosophie ni morale", B. Et. Révol. 1949, n° 10, pp. 19-3l. Note de Pagès.

[17Erreur, le nucléaire -non remis en question en 1962- empoisonne maintenant la planète, le QI s’est révélé une supercherie. Le savoir-faire, sans recul et sans le consentement des usagers est un viol.

[18Ce double rôle explique qu’un objectif sans cesse souligné du socialisme étatiste soit "la lutte contre l’anarchie de la production" tandis qu’àà l’autre pôle on prétend que "l’anarchie est la plus haute expression de l’ordre". Note de Pagès.

[19Société française de Psychologie, Code de déontologie ». supplément à Psychol.franç., 1962, n. 1. Note de Pagès.

[20On notera que ce pluralisme libre serait plus congénial à la pratique de l’expérimentation à petite échelle. Note de Pagès.

[21 Claude Faucheux, Robert Merrheim, Robert Pagès « Sur les critères d’appréciation des procédés de formation psychosociale », B. Psychol., 1959, 12, N° 6-9, pp. 480486. Trad. de l’anglais. Rapport technique de 1955