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22 août 2014 Paris Bourse du Travail. "Les Républicains espagnols rentrent dans Paris".

Une histoire oubliée, des événements autour de la mémoire, La Nueve montée par Gatti, du cinéma…

vendredi 15 août 2014, par pierre

Lancement de toute une série d’événements : manifestations, colloque, cinéma, théâtre autour de La Nueve avec l’association du 24 août 1944.


3 rue du Château d’Eau

75010 PARIS

Contre le déni de l’histoire, l’association 24 août 1944 a pour but de faire connaître et de cultiver la mémoire historique (écrite, enregistrée, iconographique, artistique, etc.) de la Libération de Paris en 1944, en liant cette célébration à la participation des antifascistes espagnols de la 2e DB, en exposant toutes les facettes de cette lutte commencée le 19 juillet 1936 en Espagne et continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique, et plus particulièrement dans les maquis en France. Pour beaucoup de femmes et d’hommes, elle se prolongea dans le combat contre le franquisme, jusque dans les années 1960.

Quand la Catalogne tombe, en janvier 1939, après deux ans et demi de combats contre l’armée putschiste de Franco, aidée par Hitler, Mussolini et Salazar, un demi-million d’Espagnols, sous les intempéries et les bom- bardements, franchissent la frontière française. Ils sont internés dans des camps de concentration improvisés, clos de barbelés : Gurs, Argelès, Bram, Saint-Cyprien, Le Vernet-d’Ariège... Au cours des premières semaines, près de 15 000 de ces exilés, désespérés, meurent de faim, de maladie, de froid...

Devant l’imminence de la guerre avec l’Allemagne, plusieurs dizaines de milliers de ces Espagnols sont incorporés à l’effort de guerre dans les compagnies de travailleurs étrangers (CTE) ou dans la Légion étrangère. Seule alternative : le retour en Espagne franquiste, au péril de leur vie !

Avec l’Armistice, la situation s’aggrave. Aux yeux de Vichy, ces réfugiés sont des « rouges », potentiellement dangereux. L’Afrique du Nord « accueille » nombre d’entre eux ayant échappé à la répression fasciste en traversant la Méditerranée depuis les côtes espagnoles. Les autorités françaises en envoient environ 20 000 vers les camps d’internement et de discipline du Maroc, de Tunisie et d’Algérie. D’autres périssent dans des geôles vichystes ou sont déportés dans des camps nazis (comme Mauthausen, où sont morts les deux tiers des 7 200 internés). Sortis des camps français, des milliers de soldats espagnols se battent contre les Allemands, sur tous les fronts : dans les Forces françaises libres au sein de la Résistance française...

En Afrique, après des batailles contre Vichy et les divisions allemandes du général Rommel, une partie de ces milliers d’Espagnols est intégrée à la 2e division blindée (2e DB) du général Leclerc. Au sein de cette division, la 9e compagnie, la Nueve, est commandée par le capitaine français Dronne, mais les autres postes de responsabilité sont tenus par des Espagnols ; la langue de la compagnie est le castillan et une forte composante des hommes est anarchiste, antimilitariste...

Unité d’avant-garde en raison de son expérience de la guerre en Espagne, la Nueve est dotée de l’armement le plus moderne : depuis sa base, au Maroc, avec ses 22 véhicules chenillés — des half-tracks —, elle est transportée en Angleterre pour participer au débarquement. À l’aube du 1er août 1944, la compagnie débarque en Normandie. Elle participe à de violents combats et libère diverses agglomérations, au prix de nombreuses pertes. Puis elle se dirige vers Paris. L’après-midi du 24 août 1944, la Nueve traverse la ceinture de feu qui protège la ville et fonce vers le centre. De nombreux Parisiens acclament les libérateurs : en tête de la colonne, le Guadalajara est le premier véhicule à atteindre l’Hôtel de Ville, et le lieutenant « français » Amado Granell est le premier soldat de la 2e DB à rencontrer les représentants de la Résistance. La radio annonce l’événement ; les cloches retentissent et les Parisiens sortent dans la rue. Sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, la foule chante la Marseillaise et les Espagnols entonnent des chants de la résistance au fascisme.