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LINGG, Louis (1864 - 1887). Par Rudolf Rocker

Louis Lingg
© Etude de Richard Bonfils

Le confectionneur (mais non poseur) de bombes de dynamite, Louis Lingg, naquit le 9 septembre 1864 à Mannheim (Baden) en Allemagne.

De parents pauvres, il connut très vite les désagréments de la misère.

À treize ans, un événement le marqua profondément. Ça se passait en hiver. Son père qui travaillait pour un négociant en bois, était occupé dans la scierie de la localité. Une poutre roula sur la glace du Rhin. Le père essaya de la retirer mais la glace se rompit et il resta immergé. Il fut sauvé mais le froid lui causa une maladie dont il ne se remit jamais. Son exploiteur fit ses calculs, commença par réduire son salaire et, dans un deuxième temps, prétextant de mauvaises affaires, le limogea.

Louis Lingg devint menuisier et fit son apprentissage dans la Wanderschaft. Il voyagea dans le sud de l’Allemagne et en Suisse. À Berne, il se mit en rapport avec des anarchistes.

À cette époque, le mouvement anarchiste était à son apogée en Suisse. La propagande par le fait, les attentats contre la police de Vienne battaient également leur plein ainsi que les sombres affaires de Merstallinger, Eisert, Lettinger, etc., où Kammerer et Stellmacher furent pendus.

La Suisse était le centre des complots et il est probable que le jeune Lingg qui n’avait pas encore vingt ans fut attiré par tout cela. Le fait est que Lingg connut Kammerer. Les mesures prises par le Conseil fédéral suisse contre les anarchistes étrangers et le désir d’échapper au service militaire firent que Lingg émigra aux États-Unis.

Il arriva à Chicago en 1885 et tout de suite adhéra au mouvement anarchiste. Il y avait dix mois qu’il était là lorsque se déroulèrent les faits du Haymarket. Durant le procès on apprécia vivement son valeureux comportement. Le 16 mars 1888, Freiheit (journal anarchiste qui paraissait en langue allemande simultanément en Amérique et en Allemagne, fondé et animé par Johan Most) [1] publiait quelques pensées de Lingg qu’il rédigea en prison. Les voici :

Qu’est-ce que l’anarchie ? Une existence humaine digne, durant toute notre vie car elle garantit à tous la parfaite liberté individuelle par laquelle les besoins de l’homme sont satisfaits dans la répartition équitable des productions de la communauté.

La société libre anarchiste trouve ses limites dans celles de la terre. L’anarchie consiste à garantir la plus grande part de bonheur pour tous. Cet objectif s’obtiendra par l’extirpation totale de la domination. Cette domination est personnifiée par les exploiteurs et les tyrans.

Après l’abolition de la domination, les travailleurs s’organiseront en accord avec leurs capacités et leurs besoins.

La centralisation, c’est-à-dire la soumission des divers groupes de production et de consommation sous le contrôle d’un groupe composé d’individus dominateurs ou d’une majorité de gens autoritaires, n’est pas recommandable car elle établirait une nouvelle domination et rendrait illusoires les objectifs évidents de la société libre et anarchiste

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[1Freiheit signifie en allemand liberté. Tel était donc le titre de la publication anarchiste la plus importante qu’il y ait jamais eu en langue allemande. Il est à noter que la plus importante publication anarchiste qui paraisse actuellement en Angleterre porte le même titre : Freedom


Mis en ligne par : CREAGH Ronald

Pour citer cet article :
LINGG, Louis (1864 - 1887). Par Rudolf Rocker,
Dernières modifications : 27 septembre 2008. [En ligne].
http://raforum.info/spip.php?article949
[Consulté le 11 avril 2017]



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