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Thèses en langue française sur les anarchismes

La plupart des thèses de doctorat d’Etat se trouvent dans toutes les bibliothèques universitaires de France et dans quelques unes à l’étranger. Depuis 1974 environ, la diffusion des travaux doctorants est beaucoup plus restreinte, ce qui est un euphémisme.

Sauf indication contraire, les résumés sont ceux des auteurs

Les livres tirés des thèses sont mentionnés avec celles-ci.

Le titre "les anarchismes" peut étonner, puisque par définition l’anarchisme est pluriel. Mais de même que l’anglais s’exprime dans des accents très divers, y compris l’accent de la Sorbonne, l’Université projette souvent l’histoire du mouvement en plaçant ses propres chimères au générique. Il y a donc, hors de la mouvance libertaire, un "anarchisme" fantasmé par ceux qui font et défont l’opinion.

Ainsi, sauf quelques historiens sérieux, beaucoup d’universitaires qualifient d’anarchistes les poses ou les rodomontades d’écrivains ou d’artistes qui veulent se mettre en scène ; plus souvent encore, ils identifient "violence" et "anarchisme". Ils ignorent que cela fait un siècle qu’il n’y a plus d’attentats individuels organisés par les anarchistes en France. En revanche, ils ont oublié que le premier acte de piraterie aérienne dans l’histoire a été commis par l’Etat français.

D’où un contraste très net entre les travaux, notamment en histoire, qui dans cinq ou six universités posent des questions intéressantes, et le vide ou les sottises des autres institutions dites de recherche, particulièrement des facultés de droit. En fait, le nombre total de ces travaux est bien inférieur aux études similaires en langue anglaise. Il est manifeste que l’anarchisme est un sujet à éviter si l’on veut faire carrière à l’université française.

L’approche anthropologique, inaugurée par Alain Pessin et ses étudiants, vient heureusement ouvrir de nouvelles avenues, dans le domaine de l’imaginaire. Néanmoins, les historiens occupent la majeure partie du terrain, les études sur la philosophie, l’esthétique, l’urbanisme ou l’économie sont rarissimes, et les rapports de la pensée anarchiste avec la modernité et la post-modernité, dont la recherche américaine est particulièrement friande, sont encore dans les limbes. Au demeurant, c’est encore dans les travaux de langue anglaise qu’on trouve le plus d’études sur la situation française, particulièrement dans le domaine de l’art.

Malgré quelques analyses remarquables, dont on peut espérer qu’elles se multiplieront, le lecteur francophone trouvera plus souvent son bonheur dans des ouvrages non universitaires qui abordent des champs nouveaux tels que la place des anarchistes dans la Résistance, la critique libertaire de la bureaucratie ou les rapports de l’utopie à l’histoire.

Ronald Creagh

- Les textes complets de certains mémoires et thèses se trouvent sur un site qui leur est propre, en cliquant ici vous pourrez y accéder.


Articles :


2014-12-17 Perpignan.- Thèse sur les anarchistes et l’Algérie
DELPECH, Jean-Marc. "Parcours et réseaux d’un anarchiste, Alexandre Marius Jacob, 1879-1954"
ESCUDIÉ, Hélène, "Ursula K. Le Guin, une Alchimie de l’Ailleurs, De la structure au mythe".
GARCIA, Renaud. "Nature humaine et anarchie : la pensée de Pierre Kropotkine"
THÉVENET, Alain. "William Godwin (1756-1836) : des lumières à l’anarchisme"

Notes bibliographiques




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