Un état du discours social sur le sexe à la fin du dix-neuvième siècle.

mercredi 11 avril 2007
par  ps
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Les homosexuels sont, avec les femmes, les autres grandes victimes de l’ordre patriarcal. Georges Eekhoud est l’un des seuls, parmi les anarchistes, à venir bouleverser cet ordre. Mais pour bien comprendre ce que Escal Vigor a d’original, il faut s’attarder sur la manière dont la sexualité, en particulier homosexuelle, est appréhendée à la fin du dix-neuvième siècle.

Dans Le Cru et le faisandé (Sexe, discours social et littéraire à la Belle Époque) (1986), Marc Angenot analyse le discours social sur la sexualité, recherchant une sorte de résultante hégémonique autour des sociogrammes sexuels [1]. Selon Angenot, l’écrivain n’est pas quelqu’un qui « observe » le monde, mais qui, soumis à la logique du champ littéraire à divers degrés, reçoit et travaille le déjà-là (les discours et les représentations qui font partie du monde). Marc Angenot choisit ici d’étudier les discours littéraires (les discours de savoir et de pouvoir - juridiques, médicaux, pédagogiques, moraux - ayant surtout été examinés par les chercheurs français) parus dans les années 1889-1890, moment de crise de la culture bourgeoise « classique » où se mettent en place les pratiques de la modernité. Je retiendrai de son analyse quelques points en lien avec les problématiques soulevées par le roman de Georges Eekhoud.

Marc Angenot appelle « roman faisandé » le roman picaresque fin de siècle, immoral et cynique (représenté par exemple par Champsaur, Rachilde, Henri Bauër, Abel Hermant), roman qui se focalise sur les détraquements sexuels, prône l’audace et l’indécence, et joue un rôle idéologique dont la peinture des désirs sexuels « malsains » n’est que le moyen : la fin souvent explicitée de ces romans étant de remettre à tout prix les femmes à leur place (la vraie jeune fille rougissante, chaste et traditionnelle, restant le seul idéal imaginable). Ces romans sont en fait un simulacre de littérature médicale, sur fond d’angoisse de l’émancipation des femmes. Le sexe, abject et dégradant, est toujours connoté comme pathologique : le discours sexuel semble prisonnier de deux types de l’indicible, le sacré (la nuit de noce) ou le dégoûtant (les prostitutions, les perversions...). Angenot conclut qu’en règle générale, la littérature comme champ institué, n’accomplit pas la subversion dont elle prétend, de façon ostentatoire, être le lieu. Ces littératures, aphrodisiaques, s’interdisent de parler globalement des désirs, des corps, des gestes, sans jamais placer le désir sexuel dans la continuité de la vie sociale. Prise globalement, la littérature n’opère aucunement une « subversion » ni une critique radicale de l’idéologie. Elle joue un rôle de dépassement, de connexion, de brouillage, mais aussi souvent de renforcement des grandes lignes idéologiques, tout en se plaçant fictivement « en dehors » de l’idéologie et de ses enjeux politiques directs. Il manque, à cette époque, à la littérature les moyens d’objectivation de l’expérience sexuelle ; même la littérature réaliste et naturaliste se trouve devant une aporie narrative lorsqu’il s’agit de représenter le coït. Les ruptures véritables, dépourvues qu’elles sont de vocabulaire et de légitimité, ne peuvent guère se produire que sur les marges de la topologie discursive et ne vont pas sans maladresse.

Bien sûr, on trouve chez quelques anarchistes des conceptions en avance sur leur temps, en ce qui concerne la sexualité. Marc Angenot consacre un chapitre de son ouvrage à l’étude des « éléments d’utopisme sexuel » apportés par les libertaires. On trouve chez ces derniers la formulation d’une vision radicalement autre de la sexualité. Contrairement aux collectivistes peu enclin à aborder les problèmes de la vie sexuelle, les anarchistes considèrent la libération sexuelle comme partie de l’émancipation intégrale de l’individu. Mécislas Golberg a par exemple une vision de la sexualité hétéro et homosexuelle totalement libérée des préjugés de son époque, comme le montre cette réflexion tirée de ses Lettres à Alexis (Histoire sentimentale d’une pensée) (au chapitre VIII intitulé « De l’amour ») :

« L’amour, c’est le sentiment qu’une volonté étrangère nous donne de notre propre volonté. Parfois cela vient entre les gens de sexes divers, parfois entre les gens du même sexe. Cela au fond importe peu.

Dans la vie pourtant, le moindre effort est la loi la plus répandue. L’amour entre hommes et femmes est le plus facile. Il est pris dans un engrenage très complexe et rend la volonté plus fertile avec moins d’efforts. Et pourquoi cela ? Brodons, ami...

... Le mâle et la femelle, disent les biologistes, c’est le même être dédoublé. C’est possible !

Oui...

Mais je crois que mâle et mâle, femelle et femelle peuvent aussi former l’unité.

Il est ridicule de croire que toute division de la matière vivante établit des contradictions » [2].

Cependant, Mécislas Golberg est assez isolé dans le mouvement anarchiste, et les campagnes médicales ont réussi à imposer leurs normes à quelques libertaires – par exemple en les persuadant du danger de la masturbation, ou de la « perversité » des amours homosexuelles. On ne trouvera pas toujours chez les « compagnons » le discours subversif, loin des clichés dominants, qu’on attendait. Sans même parler de Tolstoï, qui considère que la chasteté absolue est le but idéal de l’homme (dans La Question sexuelle  [3]), les théoriciens de l’anarchisme sont souvent très conservateurs dans leur approche de la sexualité. Dans sa Philosophie de l’anarchie [4], parue en 1889, Charles Malato consacre un chapitre entier à la description de l’esclavage sexuel dans la société capitaliste. Cependant ses idées sur ce que pourrait être une sexualité librement développée ne dépassent pas les présupposés de son époque. Il va de soi, pour lui, que la pédérastie est un vice bourgeois, et que l’onanisme disparaîtra après la révolution.

Cette vision d’une sexualité « saine », basée en fait sur la norme hétérosexuelle, va de pair chez Malato – mais il n’est pas le seul – avec la valorisation de la virilité. Par exemple, il utilise constamment dans son ouvrage militant intitulé Avant l’heure un vocabulaire centré sur la sexualité masculine. Seront discrédités tous ceux auxquels ces signes de virilité font défaut. Ainsi Malato raille-t-il, chez les socialistes parlementaires, la formation d’un comité central qui « n’aurait rien de plus pressé que de s’émasculer dans la légalité en faisant appel au suffrage universel » [5]. S’adressant au peuple, il lui demande d’être « un homme » : « Mais, si tu es un viril, n’écoute personne, même les meilleurs, ne marche derrière aucun, même le plus pur ; agis par toi-même, en homme, ne consulte que ta conscience » [6]. Le début de la phrase nous dit assez dans quel sens, restreint, il faut entendre le mot « homme ». Et je ne citerai pas ici les innombrables appels des écrivains anarchistes en faveur d’un art « viril », « vigoureux », etc. Le recours à la métaphore de la virilité (lié sans doute à la crainte d’un art « stérile ») est récurrent dans les textes théoriques sur l’art et la littérature. Le vocabulaire de la virilité est d’ailleurs indifférent aux catégories de genre et de sexe : Paule Mink y a recours pour féliciter les initiateurs de la revue L’Art social lors de sa parution. Précisant que la revue fera beaucoup pour la cause du peuple et celle des femmes, ces éternels opprimés, elle poursuit : « Oui, il est bon, il est nécessaire que le socialisme pénètre aussi dans le domaine de l’Art pour le régénérer et le viriliser » [7]. La virilité est ici synonyme de force et d’affirmation d’une puissance collective.

En même temps, Charles Malato est incapable de penser la sexualité libérée de toute convenance et de tous les artifices que lui impose la civilisation occidentale. La liberté sexuelle lui apparaît comme l’apanage des primitifs, comme nous le montre cette réflexion au sujet du costume primitif des Canaques : le moinô.

« Un doigt de gant... un peu gros, donnerait l’idée de cet étui fait primitivement d’herbe, et aujourd’hui de linge, qui cache, non pas ce qu’on enleva à Abélard, mais ce qui est à côté. On pourrait appeler ce... vêtement, j’allais dire cette capote, le baromètre de l’amour : en effet, rien n’est plus commode aux beautés canaques, exemptes de préjugés, que d’y lire couramment les phases de la passion qu’elles inspirent » [8].

Les périphrases et les réticences de Malato pour nommer les attributs naturels des Canaques sont bien représentatifs d’une pudeur, révélatrice d’un malaise qui surgit dès que l’on évoque les questions sexuelles. Paul Adam se montrait bien plus inspiré, dans ses Lettres de Malaisie, en décrivant la liberté des mœurs des jeunes filles rencontrées par le narrateur. C’est la même thématique qu’il développe : la nudité, chez les Malaisiens, qui introduit une parfaite transparence entre les sentiments et leurs démonstrations. Comme le remarque Malato, il n’existe plus aucune médiation entre le corps et ce qu’il veut dire. Dans le roman de Paul Adam, la scène met en évidence l’inanité des tabous sexuels, qui entraînent la gêne chez le narrateur, contrastant avec l’attitude libre des personnages féminins :

« Cette Pythie sembla très charmante. [...] Je regardai les globes de sa poitrine assez fixement. Elle s’en aperçut, sourit, et se tournant vers moi, elle déboutonna sa veste, de telle sorte que j’aperçus une peau brune que la respiration gonflait.

- Merci, murmurai-je.

- Cette gratitude est sincère, dit Théa dont la main s’insinuait, pour une constatation naturelle, vers l’endroit le plus ému de ma chair.

Je ressentis quelque honte, à ce geste non dissimulé. Mais les trois autres voyageurs du salon, ne semblèrent pas y prendre garde » [9].

Paul Adam est ici sans doute influencé par Charles Fourier et probablement par William Godwin qui, dans Justice politique et son influence sur la vertu et le bonheur universels (paru à Londres en 1793), développe la conception d’un amour privé de tout sentimentalisme, basé sur la raison – l’acte sexuel étant un acte sans importance [10].

Mis à part quelques auteurs (Mécislas Golberg, Georges Eekhoud), les écrivains anarchistes ont bien du mal à placer la question sexuelle dans le prolongement de leurs luttes politiques. Et pourtant, la fin du dix-neuvième siècle voit naître le courant néo-malthusien, qui diffuse sur la sexualité un discours original, loin des conventions et des clichés de l’époque : il est bien peu entendu. À l’exception de quelques groupuscules, l’idée de « liberté de la maternité » provoque l’hostilité des révolutionnaires qui ont du mal à aborder la question du plaisir comme un problème politique.

Si l’on se tourne vers les fictions anarchistes, c’est encore la déception qui est au rendez-vous. Très révélateur de la force de la pensée dominante de la sexualité est le roman La Fille manquée  [11], de Han Ryner, publié en 1903. Cette histoire d’un homosexuel refoulé, écrite par un anarchiste convaincu, reste empreinte de tous les préjugés de l’époque.

La Fille manquée : le roman raté de Han Ryner

L’exemple de Han Ryner est très intéressant, car s’il sait se montrer original et novateur dans nombre de ses écrits, Han Ryner reste parfois extrêmement conventionnel, prisonnier des idées de son époque. La Fille manquée est un de ses romans qui a le plus mal vieilli : il véhicule tous les préjugés de son temps concernant l’homosexualité. On y trouve bien une scène d’amour décrite avec beaucoup de réalisme – mais elle concerne la relation entre le narrateur et sa femme.

Le roman se présente comme la mise en forme par l’auteur d’un manuscrit, dont le narrateur est François de Talane. Le manuscrit est daté de l’année 1899. L’enfance de François se déroule dans un internat, où les jeux sexuels constituent la principale occupation des collégiens. On retrouve ici une thématique développée par exemple par Octave Mirbeau, qui montre dans L’Abbé Jules (1888) ou Sébastien Roch (1890) les conséquences désastreuses d’une sexualité bridée par les dictats religieux. Mais la condamnation, chez Octave Mirbeau, vise l’hypocrisie qui recouvre l’approche des questions sexuelles, non l’homosexualité en particulier. Octave Mirbeau explore, à travers la question du refoulement sexuel, les liens de la sexualité et de la mort, de la vie et de la pourriture (par exemple dans Le Jardin des supplices, 1899). L’approche d’Han Ryner est bien différente : c’est pour lui l’homosexualité qui pose problème, vue comme une perversion d’un modèle normatif de sexualité dont il ne parvient pas à se détacher. L’aventure de son personnage principal, François, est entachée d’un sentiment de culpabilité que l’auteur présente comme une donnée, jamais remise en cause ni questionnée, faute d’en analyser les causes, culturelles et sociales.

La Fille manquée montre donc le héros, François, devenu adulte, incapable d’assumer sa sexualité. François éprouve pour les femmes un dégoût qu’il ne veut accepter : il fait donc plusieurs tentatives pour vivre avec sa cousine Lisa, puis avec des prostituées. Malgré son envie, il est réticent à reprendre des relations avec des hommes. Des considérations vaguement psychologiques et déterministes tentent d’expliquer l’anomalie du narrateur : son enfance orpheline entre une tante sèche et deux cousines qui le martyrisent, la seule figure aimante étant celle de son oncle, ne pouvait que le rendre réceptif aux caresses viriles de ses condisciples de l’Institution Saint-Louis-de-Gonzagues. On apprendra ensuite que le narrateur est en fait amoureux de sa cousine Lisa : c’est donc un amour dédaigné qui l’avait poussé à la « débauche ».

On retrouve donc dans ce roman l’idée que l’homosexualité est une perversion qu’une meilleure organisation pourrait éviter. Pour le narrateur, les caresses entre hommes sont forcément « infâmes », « ignobles ». Il est indiqué à plusieurs reprises que les rapports sexuels entre hommes sont contre-nature, par exemple lorsque le narrateur insiste sur la douleur ressentie lors de la pénétration :

« Il m’a imposé l’étreinte horriblement douloureuse qui oublie que la fille manquée n’est point tout à fait une femme, que l’amant presque amante n’a point d’organes pour la volupté passive et que mon corps ne peut être pénétré que dans la souffrance » [12].

Le narrateur n’est d’ailleurs pas plus heureux lorsqu’il accepte un rôle actif, comme le prouve cette déclaration très métaphorique : « Hélas ! la porte des joies actives fut toujours solidement fermée devant moi. Les rares fois où, d’un effort exagéré, je l’ai enfoncée, je me suis blessé » [13].

L’univers des homosexuels de Han Ryner est désespérant de souffrance, de refoulement et de conformisme : la morale qui régit les rapports entre hommes est tout à fait semblable à la morale courante « qui admire Don Juan et méprise la femme facile » [14]. Le narrateur est sans cesse déchiré par des désirs impossibles à satisfaire : même l’amour hétérosexuel est pour lui hors de portée, car les rapports avec une femme entraînent chez lui de longs et profonds malaises qui mettent sa vie en danger ! C’est donc la sexualité dans son ensemble que l’auteur ne parvient pas à appréhender, faute de se défaire d’une culpabilité héritée de la morale judéo-chrétienne et renforcée par les discours sociaux de l’époque.

Il était intéressant de faire un détour par ce roman si profondément conforme à l’idéologie dominante de l’époque, justement pour faire ressortir l’originalité de Georges Eekhoud.

L’intrigue d’Escal-Vigor – l’amour homosexuel – pourrait donc, au premier abord, paraître banale. Le thème était en effet en vogue dans la littérature de la fin du siècle, en particulier chez les décadents. Si l’on veut bien saisir l’aspect « utopique » de ce roman, il est nécessaire de le replacer dans son époque et d’évoquer les discours dominants sur l’homosexualité masculine.

L’homosexualité connaît à la fin du dix-neuvième siècle un lent processus de divulgation dans la littérature, qui s’appuie implicitement sur les doctrines médicales dominantes, c’est-à-dire sur un discours de (con)damnation. On voit apparaître dans les romans de l’époque quelques figures de personnages homosexuels ; les fictions commencent à nommer les « pédérastes » - mais c’est le plus souvent en reprenant sans réserve les préjugés de l’époque et avec des audaces fort limitées. Alors que le personnage de la lesbienne, échappant au discours médical - écrit par des hommes pour des hommes, qui ignorent en général à peu près tout du désir féminin - devient très vite un mythe littéraire, la figure de l’homosexuel véhicule des angoisses fortes : l’homosexuel est un individu inquiétant, tourmenté et malheureux. Certes, les romans sur les homosexuels, se focalisant sur le thème du détraquement, se veulent la plupart du temps audacieux, indécents, subversifs... Mais la peinture des tendances considérées comme « malsaines » n’est que le moyen de remettre de l’ordre dans le désir : l’homosexuel finit toujours contrit et repenti. En 1899, lorsque paraît Escal-Vigor, aucun roman n’a encore montré un personnage d’homosexuel heureux, sain de corps et d’esprit, ayant librement choisi sa sexualité. En 1899, il y a quatre ans qu’Oscar Wilde a été condamné (aux travaux forcés) pour crime sodomite : lorsque le célèbre dandy irlandais se réfugie à Paris, nombreux sont ses anciens amis qui refusent de lui serrer la main. En 1899 toujours, Émile Zola incarne l’écrivain qui ne recule devant aucune audace, ni littéraire (le naturalisme), ni politique (son engagement dans l’affaire Dreyfus). Or ce même Zola avait reçu – en 1895 - la lettre d’un homosexuel italien. Touché par ces révélations, il pense un moment publier cette « confession »... Mais le romancier novateur, qui réclame pour la littérature le droit d’exprimer toute la vie, recule devant le risque, car : « tout ce qui touche au sexe touche à la vie sociale elle-même. Un inverti est un désorganisateur de la famille, de la nation, de l’humanité. L’homme et la femme ne sont certainement ici-bas que pour faire des enfants, et ils tuent la vie, le jour où ils ne font plus ce qu’ils font pour le faire » [15], écrit Zola. L’affaire est classée, le problème de l’homosexualité ne sera pas réellement abordé dans l’œuvre du romancier .

Il faudra attendre 1902 pour que Gide publie L’Immoraliste, et lorsque Corydon paraît, en 1911, c’est dans une édition confidentielle (12 exemplaires).

Le roman de Georges Eekhoud constitue donc une véritable rupture dans la façon d’aborder la sexualité. Si certains révolutionnaires ont entrepris cette éducation du regard qui permet de se dégager des normes sexuelles dictées par l’idéologie dominante, ils sont encore fortement minoritaires, y compris au sein du mouvement anarchiste.

Caroline GRANIER

"Nous sommes des briseurs de formules". Les écrivains anarchistes en France à la fin du dix-neuvième siècle. Thèse de doctorat de l’Université Paris 8. 6 décembre 2003.


[1] NB : Sociogramme est ici entendu selon la définition de Claude Duchet, comme « ensemble flou, instable, conflictuel, de représentations plurielles, centrées autour d’un noyau thématique, en interaction les unes avec les autres ». C’est un ensemble mouvant de représentations au sein du discours social, que l’écrivain investit et fait travailler dans le texte.

[2] Mécislas GOLBERG, Lettres à Alexis…, rééd. 1992, p. 110.

[3] Alexis TOLSTOÏ, Sur la question sexuelle, traduit par J.-W. Bienstock, Paris, P.-V. Stock, 1901.

[4] Charles MALATO, Philosophie de l’anarchie, 1889.

[5] Charles MALATO, Avant l’heure, 1887, p. 15.

[6] Idem, p. 18.

[7] Paule Mink, « Correspondance », L’Art social, décembre 1891, p. 48.

[8] Charles MALATO, De la Commune à l’anarchie, 1894, p. 80.

[9] Paul ADAM, Lettres de Malaisie, 1898, p. 43.

[10] Thomas Robert Malthus lui répond dans son Essai sur le principe de population (1798) que l’amour conçu et pratiqué de cette manière entraînerait une surpopulation de la planète ! William Godwin se défend dans sa Réponse aux théories de Malthus sur la population.

[11] Han RYNER, La Fille manquée, Paris, L. Genonceaux et Cie, 1903.

[12] Idem, p. 61-62.

[13] Idem, p. 258.

[14] Idem, p. 68.

[15] Émile Zola, cité par François PORCHÉ, L’Amour qui n’ose pas dire son nom, Paris, B. Grasset, 1927, p. 23, et par : Lucien MIRANDE, Eekhoud le rauque, 1999, p. 145-146.